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Une nouvelle mission pour calmer les belligérants

L’opposition politique a réussi à faire d’Haïti, la Somalie de l’Amérique, n’en déplaise aux aveugles qui refusent de voir parce que fans de la violence et de la pensée unique.

Les membres de plusieurs partis politiques, mis ensemble ont tout essayé pour ainsi dépeindre le panorama de notre vie sociale et aujourd’hui, avec le concours des gangs armés tapis derrière les barricades, ils ont mis tout le pays à genou – on ne peut demander mieux. Haïti est en train de se “somaliser”, au grand dam des citoyens composants la majorité silencieuse vivant dans la peur et dans l’expectative.

La belligérance des membres de l’opposition a fait échec à la mission de Madame Craft, mais tout bien considéré, ce n’était pas vraiment un échec, parce que ce refus de dialoguer a plutôt mis en en lumière la malveillance politique et la mauvaise foi de ces leaders de partis, préférant mettre le feu à la cabane plutôt que de tenter de l’éteindre.

Ils ont tout fait pour en être arrivé là, allant de manifestations sur fond de violences à la reconnaissance et mise en selle des gangs armés, se pavanant fièrement dans les rues de Port-au-Prince, armes au poing et fusils d’assaut en bandoulière, prêts à assauter les forces de l’ordre qui, aujourd’hui, se sont sentis dépassés par les évènements. La faute à l’orgueil et à la peur de perdre la face. Les déclarations fracassantes et désespérantes d’un certain Arnel Bélizaire, loin d’aider à la cause, l’ont pourtant fragilisée, déplaçant même le problème pour faire l’apologie du terrorisme et pour faire peur aux non-alignés à sa mascarade dont il n’a cessé de faire l’éloge.

Aujourd’hui, le pays est une vaste bouilloire où, à la faveur de l’instabilité politique – assassinats, viol, vol, trafic de drogue et kidnapping – se sont donné rendez-vous et multipliés à un rythme vertigineux au point que l’on se demande perplexes de quoi demain sera fait, parce négativisme, arrogance et crises de l’individualisme ont le pris le dessus sur les protagonistes de la crise qui, eux, campent tous sur leurs positions initiales. Personne ne veut abdiquer, parce qu’ils ont honte de faire machine arrière ou de reconsidérer leur position, ça doit les réduire en tant qu’hommes et les blesser dans leur amour-propre? Que c’est dur le sacrifice de redevenir humain ou de travailler au retour de la paix publique!

L’arrivée de cette nouvelle mission américaine devra mettre une sourdine à leur arrogance, leur refus du dialogue et à leur puérilité avérée, sinon la note sera plus salée et il nous sera plus difficile de revenir sur nos pas, parce que nous serons tellement près de la Somalie que même revenir en arrière sera perçu comme une illusion et que dire de regretter nos actions après avoir tout détruit?

Du train que ça va, nous ne pouvons que souhaiter la réussite de cette mission de manière que la vie socioéconomique et politique puisse reprendre à la faveur d’un élan nationaliste et humanitaire – parce que comme l’a dit Martin Luther King: “Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots”. Cela dit, il nous faut accepter, pour le plus grand bien commun, de débloquer les voies publiques, de repousser et de faire front commun contres les bandes armées, sinon ce sera l’apocalypse..

KéDar, novembre 2019

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