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Quand le SPNH fait déboiter la Police Nationale

Quand le SPNH fait déboiter la Police Nationale 1

J’avoue avoir un certain faible pour nos policiers nationaux, c’est incontestablement vrai. Leur malheur, leurs desiderata et tout ce qui les frappe sont aussi miens. Quand ils tombent sous des balles assassines ou quand la population, dans sa régression barbare, se venge de l’un d’entre eux – pour un oui ou pour un non. Je me sens, moi aussi victime. Parce que je suis un frère, un cousin. un collègue et un ami. Je leur suis tout ça à la fois et bien plus encore. Autant vous dire que je suis bien plus proche d’eux qu’il n’y paraît.

Les échauffourées de ce Vendredi – suite à la convocation – à l’IGPNH du porte-étendard du mouvement syndical policier, en l’occurrence Yanick Joseph, laissent augurer d’un avenir sombre pour l’institution policière et aussi bien pour le SPNH qui devrait s’atteler à la défense des droits des policiers, plutôt que de se prêter à ce jeu dangereux et exploitable à souhait. Le spectacle d’hier est très regrettable dans la mesure où il met en lumière le très mauvais comportement de nos hommes en uniforme qui confondaient naïvement bavures avec droit. Or, bavures utilisées ici est tout simplement un euphémisme qui cache leurs réparties agressives et insoutenables, tandis que droit est, selon leur définition, le privilège d’enfreindre la loi et de se permettre des choses inadmissibles, comme caillasser le local abritant l’IGPNH. Ignoble ! Enfantin ! Et attentatoire aux principes régissant l’institution policière.

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Faire respecter ses droits est une chose, mais respecter les limites à ses droits en est une autre

Il ne faut pas tout de même se leurrer, la constitution garantit la liberté syndicale, sans toutefois nous inviter à briser les lignes directrices de nos institutions. Les policiers devront éviter toute dérogation à la loi et tout emportement qui pourrait voir le SPNH faire le jeu des forces ténébreuses et de tous ceux-là qui cherchent une occasion pour sortir leurs têtes venimeuses.

ARTICLE 35.3:

La liberté syndicale est garantie. Tout travailleur des secteurs privé et public peut adhérer au Syndicat de ses activités professionnelles pour la défense exclusivement de ses intérêts de travail.

ARTICLE 35.4:

Le syndicat est essentiellement apolitique, à but non lucratif et non confessionnel. Nul ne peut être contraint d’y adhérer.

ARTICLE 35.5:

Le droit de grève est reconnu dans les limites déterminée par la loi.

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ARTICLE 35.6:

Le SPNH, loin de prendre la défense des policiers en difficulté dans l’exercice de leurs fonctions, fait plutôt déboiter l’institution policière, l’empêchant même de prendre des mesures disciplinaires contre un de ses membres. Inadmissible! Car, défendre ses droits n’a jamais été synonyme de chaos au cours duquel pluies de balles ont remplacé au pied levé la dialectique tout court. Cela ne fera pas les beaux jours de l’institution policière et ça ne fera pas non plus l’affaire du SPNH condamné maintenant à respecter les lois établies. Se battre pour ses droits est une chose, mais respecter le droit des autres en est une autre que la coordonnatrice générale du Syndicat de la Police Nationale (SPNH), Mme. Yanick Joseph devra apprendre aux autres policiers qui lui ont arraché manu militari aux inspecteurs de l’IGPNH.

C’était très laid et de très mauvais goût. “Par-dessus tout, les pénibles leçons de ce siècle nous ont enseigné la nécessité d’une supervision constante et d’une contrainte efficace. Les systèmes de police ainsi requis doivent opérer à des niveaux irréprochables d’intégrité et de soutien, dixit Richard K Morgan.”

KéDar, Février 2020

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