Accueil Éditorial Pourquoi le policier haïtien mériterait un salaire spécial?

Pourquoi le policier haïtien mériterait un salaire spécial?

Pourquoi le policier haïtien mériterait un salaire spécial? 1

L’Américain dit « Time is money » et de ce côté-là, le policier haïtien a le plus bossé et donc, il devrait mériter un bien meilleur salaire. C’est vrai que ce n’est qu’une question de 9 mois de formation, mais c’est aussi bien vrai qu’il fait, chaque jour, le sacrifice de sa vie pour pouvoir sauver celle des autres. Y a-t-il meilleur sacrifice ?

Les semaines de peyilòk nous ont surtout montré l’importance de nos policiers, car sans eux, on ne parlerait d’Haïti que dans les livres et notre merveilleuse et glorieuse histoire ferait les beaux jours des contes de fées. Combien de fois avons-nous frôlé la guerra civile ? Et ce n’est pas par faute de n’avoir pas essayé. Combien de fois, l’opposition haïtienne avait-elle failli nous conduire au bord du précipice? Elle a beau essayer. Et combien de fois les interventions policières nous en ont-elles sauvés ? Ça ne se compte plus aujourd’hui et tout le monde est d’accord, sauf les artisans de la violence.

Faire l’omelette n’a jamais été possible sans casser des oeufs et l’on doit dire autant des interventions policières qui n’épargnent pas les plus effrontés se chargeant, eux-mêmes, d’exécuter les basses oeuvres et d’appliquer littéralement les mots d’ordre des chefs de file violents de l’opposition dont sont membres André Michel et Schiller Louidor entre autres.

LIRE AUSSI>>  Le mode de pensée haïtien est sous influence de la manipulation

Les semaines de peyilòk ont bloqué toutes les activités humaines et l’institution policière était la seule à répondre présent au plus fort de la tourmente. Sans être une figurine, elle s’activait à mettre de l’eau au moulin des plus excités de la population et à faire en sorte que les citoyens non manifestants puissent jouir d’un peu de tranquillité.

Elle l’a fait malgré les menaces, malgré les intimidations et les slogans virulents invitants les bandes armées à s’embusquer derrière les barricades pour surprendre ses membres qui sont les plus détestés de la République. Ils sont sermonnés, honnis, haïs, fusillés ou brûlés vif et malgré tout, ils n’ont pas lâché prise et n’en démordaient pas. Ils restaient accrochés, contre vents et marées, à leur difficile mission de servir et protéger. Ils étaient là, dès le début et ce ne sont  pas les moqueries, menaces et mensonges de Zénith FM qui les feront changer d’avis.

LIRE AUSSI>>  LE PARLEMENT : entre injustice sociale et paranoïa des élites.

Ils étaient seuls contre tous, avec le souci d’empêcher la guerre civile et la réédition de ce qui était arrivé au Président Vilbrun Guillaume Sam. Ils étaient là tous les jours – fermes au poste – pour empêcher la mise à sac de tous les bâtiments publics. Ils étaient là quand plus rien n’allait et quand les autres employés de l’administration publique étaient forcés de rester chez eux. IIs étaient là pour veiller au grain, ne goûtant d’aucun repos, parce qu’obligés de rester toujours éveillés.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, il est concevable que l’on pense à ajuster le salaire de nos policiers nationaux, eux qui acceptent de faire don de leur vie pour que la paix revienne, pour que nos rues soient rouvertes à la circulation, pour que les activités commerciales reprennent et pour que nos enfants puissent, tant soi peu, se sentir en sécurité.

KéDar, Novembre 2019

Partager

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.