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I CAN’T BREATHE DE GEORGES FLOYD COMME UN REFRAIN CONTRE LA SUPRÉMATIE BLANCHE


I CAN'T BREATHE DE GEORGES FLOYD COMME UN REFRAIN CONTRE LA SUPRÉMATIE BLANCHE 1

Être noir aux Etats-Unis est un fardeau que nous, immigrants, portons à bras le corps. Chacune de nos actions est analysée, scrutée et comprise à la loupe raciste au point que l’on se perd dans un monde où triomphe une suprématie blanche supportée, à visière levée, par le premier des Américains.

La magie de la technologie nous a mis, en temps réel, au parfum de ce qui devait être une arrestation normale, simple et tellement facile. Parce que le suspect, du haut de ses deux mètres, n’y a pas résisté. Il a plus que coopéré, se montrant même paisible et soumis à cette étrange arrestation qui a finalement tourné court et ce faisant, Georges Floyd ne pourra plus revoir sa femme, ni sa fille de 6 ans, parce le suprémaciste Derek Chauvin en a décidé autrement. Son genou déposé, méchamment sur sa carotide lui a coupé l’oxygène et l’a asphyxié sans autre forme de procès. Il est mort comme un cafard dont on veut se débarrasser à tout prix, parce gênant et embêtant. Il est mort parce le racisme est, sans plus ni moins, une institution aussi vieille que l’Amérique.

Une arrestation se veut une notion de droit pénal et la personne mise en état d’arrestation est détenue jusqu’à sa remise en liberté. L’état qui suit immédiatement l’arrestation et qui est la conséquence de cette dernière est la détention. À aucun moment de la durée, il n’est mentionné d’infliger au suspect de mauvais traitements consécutivement à son arrestation. En plus, son droit de garder le silence, de se faire assister d’un avocat a été tout simplement bafoué. Les images de l’arrestation de Georges Floyd ont plutôt montré sa condamnation à mort dont le policier Derek Chauvin s’est chargé, les mains dans les poches et avec une haine non dissimulée. C’était une espèce de justice expéditive qui n’en était ni la première, ni la dernière.

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Une Justice de deux poids, deux mesures façonnée pour la suprématie blanche

Dans la mesure où le suspect résiste à l’arrestation, le policier utilisera le degré de force nécessaire pour le contraindre à se soumettre et une fois maîtrisé, il ne doit aucunement être l’objet de bastonnade, ni d’aucun traitement disgracieux. La mort de Georges Floyd est la résultante des décennies d’injustices infligées aux noirs et couvées par la Justice américaine qui, visiblement, ne s’est jamais empressée de punir les coupables. Et ne pas sanctionner les responsables de ces atrocités n’est qu’une invite à la déraison policière et à la négation d’une justice dont se plaignent les minorités.

Un blanc qui tue des écoliers est – de loin – mieux traité qu’un noir qui vole un oeuf ou qui a brûlé un feu rouge. C’est croire qu’aux Etats-Unis d’Amérique, il existe une justice à double vitesse, alors que les Américains se prennent pour des champions de la démocratie et les gendarmes du monde libre. L’arrestation, puis la mort par asphyxie de cet afro-américain est la preuve multipliée par 1000 que rien ne va aux USA: une police instrumentalisée, montée contre les noirs et une justice borgne et mise au service des blancs ne peuvent que confirmer la règle.

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Aussi, I can’t breathe de Georges Floyd, quémandant – durant les derniers instants de sa vie – un peu d’humanité aux quatre policiers présents sur les lieux de sa mise à mort, est aujourd’hui un refrain qui met à nu le RACISME et ses corollaires aux Etats-unis d’Amérique. Ce n’est plus un secret qu’il est cultivé, nourri, encouragé et les mots du Président américain en disent long sur le sujet et peuvent témoigner de son profond enracinement au sein d’une société américaine foncièrement divisée.

Trump is trafficking in fear and division, Trump is fanning the flames of hate, se traduisant littéralement: Trump navigue dans la peur et la division, Trump attise les flammes de violence. Joe Biden aurait-il raison d’être si dur avec le Président américain? Jamais une déclaration n’a, de mon point de vue, autant dépeint le POTUS.

KeDar, Juin 2020

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