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Haïti: le confinement, l’envolée des bandits et la camarde

Haïti: le confinement, l'envolée des bandits et la camarde 1

On le voyait venir tout doucement, mais personne n’a réagi, du fait d’une léthargie chronique qui a toujours prévalu, qui nous consume aujourd’hui et de laquelle pâtit Haïti. Officiels et organismes de défense des droits de l’homme les encourageaient et les protégeaient des assauts de la police, tandis que le petit peuple bouilli de naïveté leur faisait allégeance et les cachait pour ne pas être repérés par les forces de l’ordre.

Parce qu’aujourd’hui, nous sommes les victimes expiatoires de ces énergumènes sans foi ni loi – nous nous sommes sentis plus concernés que d’habitude, parce que la mort est là et nous guette de partout. Ces bandits armés, couvés par la politique de chez nous, n’ont que faire de nous. Il fallait y penser quand les suppôts de Satan, pour consolider leur pouvoir dans les années 90, ont eu recours, aux forces parallèles et nous leur avons volontiers confié nos petits enfants pour les besoins de cette cause machiavélique et 2002 et 2004 furent des dates charnières qui ont vu leur expansion et surtout leur acceptation tacite dans le milieu.

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Avant c’était les petites armées de chimè qui se dressaient en face des forces de police, aujourd’hui, atteintes de leur maturité, ces bandits nous dictent leur loi et nous font souffler le chaud et le froid quand ça leur chante. Ils ont, sur la population, droit de vie et de mort et peuvent décider aujourd’hui de mettre une sourdine à leur confinement, ils l’ont fait, à la barbe d’une police que notre gloutonnerie politique a rapetissée.

Dans ces conditions-là, le confinement à la maison, paraît bien difficile pour les riverains de Martissant et des zones avoisinantes. C’est d’ailleurs une très mauvaise idée, car, s’ils acceptent de rester à la maison, ils y mourront comme des chiens, sous les balles assassines des seigneurs de guerre a la recherche de territoires et de facilités. La mort les côtoie, à chaque coin de rue, habite leur maison et les hante même dans leurs rêves.

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Aussi, le déconfinement leur est-il imposé pour être leur seule planche de salut. Mais où peuvent-ils aller puisqu’aucune porte ne leur sera ouverte? Et dans leur fuite, ils pourront peut-être  mourir de faim ou du coronavirus et leurs enfants aussi qu’il trimballent comme des sacs avec eux, parce que le confinement et l’envolée des bandits armés ne peuvent que les conduire à la camarde.

KéDar, Avril 2020

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