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En Haïti, des Casques bleus auraient abandonné « des centaines d’enfants »

En Haïti, des Casques bleus auraient abandonné "des centaines d'enfants" 1

Selon une étude, les soldats de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti ont eu des comportements sexuels répréhensibles.

Deux ans après la fin de la mission, l’intervention des Casques bleus en Haïti continue de faire parler. Une étude menée par deux universitaires publiée sur The Conversation et notamment relayée par le New York Times témoigne de crimes sexuels commis par des soldats de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, appelée Minustah. 

Sabine Lee, professeure d’histoire à l’université de Birmingham (Royaume-Uni), et Susan Bartels, chercheuse à la Queen’s University d’Ontario (Canada) ont mené des entretiens avec 2500 Haïtiens vivant près des bases des soldats à l’été 2017. Les témoignages leur ont permis d’affirmer dans leur étude que « des centaines d’enfants » seraient nés à la suite d’abus sexuels de casques bleus sur des femmes haïtiennes. « Des filles de onze ans seulement ont été abusées sexuellement », rapportent-elles également. 

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« Ils vous mettent quelques pièces dans les mains pour vous faire un bébé », raconte l’une des victimes. Le New York Timessouligne que les soldats échangeaient « de petites sommes d’argent ou de nourriture contre des rapports sexuels » avec « des femmes et des filles qui étaient souvent désespérément pauvres ». 

Treize nationalités différentes se côtoyaient au sein de la mission de l’ONU, mais les principaux contingents étaient uruguayens et brésiliens. Sabine Lee explique que le problème soulevé est d’abord « un problème militaire brésilien ou uruguayen, mais l’ONU n’a pas trouvé le moyen de demander des comptes aux troupes des États membres ». L’Organisation des nations unies avait déjà reconnu « que plus de 100 soldats de la paix sri-lankais déployés en Haïti avaient abusé de neuf enfants dans un réseau sexuel de 2004 à 2007 ». 

Les Casques bleus avaient amené une épidémie de choléra

En 2017, au départ des casques bleus, le ministre brésilien des Affaires étrangères avait qualifié la mission de « réussite » : « Il y a eu des crimes, il y a eu aussi des punitions, des enquêtes: les crimes ne sont pas restés sans conséquences. Maintenant le choléra et d’autres aspects de la vie difficile du peuple haïtien ne sont pas du domaine de la Minustah », avait en outre admis Aloysio Nunes Ferreira en réponse aux lourdes critiques qui émanent des organisations de la société civile haïtienne.

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La Minustah avait été déployée en 2004 après le départ du président Jean-Bertrand Aristide, pour aider à endiguer la violence dans cette nation pauvre des Caraïbes, mais elle n’a jamais su gagner la confiance des Haïtiens. Ses 13 ans de mandat auront été marqués par les crimes sexuels, commis par les soldats et policiers onusiens sur des femmes et enfants haïtiens, ainsi que par l’épidémie de choléra, introduite dans le pays par des Casques bleus népalais et qui a tué plus de 10 000 personnes. 

Avec AFP

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