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Banditisme, kidnappings et génocide muet

Banditisme, kidnappings et génocide muet 1

Nous avons, pendant longtemps, joué avec le feu en soutenant, bona fide, des.vicaires de la violence qui, après avoir semé les graines du banditisme dans nos quartiers, les ont arrosés de sobriquets effarants et de privilèges spéciaux. Au commencement, c’était lame sèkèy, lame balewouze, lame dòmi nan bwa, lame timanchèt, lame siyameto, lame wouj, pour ne citer que ceux-là. Aujourd’hui, nos villes sont asphyxiées par la prolifération de ces groupes armés. Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, nous sommes cernés.

Coles Rameau et ses frères d’armes étaient jetés en prison pour les avoir combattus avec acharnement. La société haïtienne, complice n’avait pas réagi quand la politique et le réseau de défense des droits de l’homme s’étaient mis à leur poursuite, en les accusant de tous les péchés de la République. Plus tard, plus précisément en 2004 – au plus fort de l’opération Bagdad- Rénan Étienne et le commissaire de police Lochard ont subi le même sort parce qu’ils s’attaquaient aux racines du banditisme. Une fois de plus la politique et le réseau de défense des droits de l’homme se sont interposés mais la société, elle – n’a pas réagi – le banditisme à encore gagné du terrain.

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Aujourd’hui, on ne peut plus compter le nombre de personnes kidnappées, encore moins le nombre de personnes tuées, ça doit, sans exagération, se compter par dizaines. N’est-ce pas un génocide qui ne dit pas son nom ? Nest-ce pas le cas de dire que nous mourrons tous si d’aventure nous restons toujours de marbre et insensibkes aux dangers qui nous guettent de tous les côtés?

Il fut un temps, nous nous faisions les défenseurs des démons qui nous empoisonnaient l’existence et qui distribuaient des armes de guerre dans nos quartiers. Nous étions leurs complices et nous en prenions à tous ceux qui osaient les dénoncer, parce que nous n’avons pas encore compris que petit à petit l’oiseau ferait son nid.

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Ainsi, les nids des kidnappeurs fourmillent-ils dans nos quartiers dans une totale indifférence  et dedans, ils violent nos filles, nos femmes, ils nous violent, nous les hommes et nous transmettent – avec – plaisir leurs maladies infectieuses. Les plus chanceux d’entre nous s’en sortent diminués, couverts de honte, après avoir été humiliés des jours durant, cependant, les autres y restent avec une balle logée dans la tête.  Que c’est triste!

Les bandits, après avoir été pondus par la politique, sont en train de genocider la population qui les a récelés. Combien y a-t-il de morts par semaines? Et combien y a-t-il de cachettes dans nos bidonvilles et au Morne-à-cabris? On n’en saura peut être jamais. Chaque cachette, ses morts, pensez-y ! N’est- ce-pas un génocide muet qui ne dit pas son nom?

« Le génocide, disait Gaëlle Faye, est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. »

KéDar Mars 2020

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