Accueil Éditorial Appréciation de la gourde et résistance des hypocrites de la classe politique.

Appréciation de la gourde et résistance des hypocrites de la classe politique.

Appréciation de la gourde et résistance des hypocrites de la classe politique. 1

Le Président de la République ne cesse de répéter qu’il ne peut pas avoir d’amis, étant Chef de l’Etat et peu de gens l’ont compris, car vouloir changer les choses en Haïti suppose la prise de décisions difficiles qui ne seront pas en faveur de certains secteurs qui auront à coeur de ne pas décolérer, parce qu’ils se sentent touchés au plus profond d’eux-mêmes. Ils s’en foutent de l’intérêt du plus grand nombre, ils s’en foutent de notre mal-être, de nos misères et de nos malheurs.

Or, prendre des décisions en Haïti risque de vous mettre beaucoup de monde sur le dos, des intérêts individuels hétéroclites étant depuis toujours au premier plan, ont outrageusement occulté les intérêts collectifs.

Hier, il était impossible d’imaginer un jour que le dollar américain serait de la patate chaude aux mains des banquiers qui, par le passé, faisaient tout pour provoquer des raretés artificielles. Étant trop longtemps des petits jouets de la bourgeoisie, les gouvernements qui se sont succédé ne pouvaient se risquer à prendre de telles mesures de peur de se faire tirer les oreilles.

Aujourd’hui, les sanctions économiques prises contre la Unibank et la Capital bank aident mieux à comprendre l’étendue de la rupture entre le pouvoir, se voulant être au service de la communauté et l’élite économique habituée à l’étrangler à des fins personnelles. D’aucuns diront qu’il est trop tard, mais j’aurais préféré leur dire que mieux vaut tard que jamais. Car voir la population sourire aujourd’hui est un beau tableau que l’on devra garder jalousement

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Certains irréductibles de l’opposition ne l’apprécient guère, parce cela leur offre moins de possibilités de mettre du monde dans les rues, moins de possibilités de faire du capital politique et moins de possibilités de jouer sur les nerfs de la faim.

Autant vous dire que changer le cours des choses en Haiti vous rendra seul, ennemi de tout le monde. La presse vous peint de toutes les couleurs, vous raille et vous met dans la peau de tout ce que n’êtes pas, l’opposition politique s’alliera avec vos adversaires pour vous mettre dos au mur et la population prise dans les tenailles de l’hypocrisie emboitera le pas et vous compliquera la tâche.

Si l’on veut imprimer n’importe quel changement en Haïti, on devra aller au forceps. Il y aura partout de la résistance et pas parce que les gens manifestent violemment dans les rues que cela signifie qu’ils le souhaitent en réalité. Non, ne croyez surtout pas tout ce que les gens disent ou demandent.

Regardez, comment ils ont empêché depuis plus de trois ans que la question de nos réseaux électriques soit correctement adressée. Aujourd’hui, certains secteurs de la vie nationale redoutent à l’applaudir et ont plutôt peur que cela se concrétise, de peur de ne tomber dans l’oubli ou de ne devenir vieux jeux. Ils manifestent même contre l’appréciation de la gourde et cela, parce qu’ils s’en foutent de l’intérêt de la communauté, ils manifestent même contre les ressentis du peuple qui, aujourd’hui, se prennent joyeusement à apprécier les délices de la baisse du billet vert faisant, tout de go, fondre les prix des produits de première nécessité.

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Aussi, la résistance de la classe économique jointe à l’hypocrisie de la classe politique sont des épées de Damoclès que l’on doit à tout jamais écarter au dessus de nos têtes. Des épées qui inquiètent, frustrent et dont les pointes doivent nous condamner à la mendicité certaine. Il nous faut habilement réagir pour forcer l’Etat à s’acquitter de son devoir envers une population qui ne sait plus à quel saint se vouer. Il nous faut habilement forcer la résistance de la classe économique et fait, par la même occasion, fondre l’hypocrisie de la classe politique, en composant avec nos vraies forces et en nous relevant la tête pour ne plus être des moutons de panurge.

KéDar, 19 Octobre 2020

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