Accueil Éditorial 7 février : Peuplades, camarde et déchouquage annoncés

7 février : Peuplades, camarde et déchouquage annoncés

Ce n’est pas le premier, ni le deuxième encore moins le dernier. C’est plutôt un recyclage d’événements malheureux que nous produisons à longueur d’années pour nous donner une formidable raison d’exister. Nous y sommes habitués et cela fait, depuis, partie de notre vécu de peuple dérouté et déroutant. Cela rime avec notre mentalité d’esclaves aliénés et notre volonté d’être toujours asservis par les forces obscures qui, à la vérité, viennent de nos entrailles maudites et d’une certaine inclinaison à nous phagocyter nous-mêmes et à être la risée du monde libre.

Les 7 Février en Haïti, sont, pour la plupart émaillés d’incidents violents et regrettables allant de déchouquage, de pillages, au lynchage systématique. C’est comme si nous avons passé un pacte avec le diable pour nous jeter des mauvais sorts, parce que nous ne pouvons vivre sans les crises politiques, sans les manifestations violentes et sans les cris d’à bas et de vive.

Depuis plus d’une année, les têtes brûlées des oppositions politiques – il n’y en a pas une, mais plusieurs oppositions assujetties à leurs propres codes et intérêts selon le cours des choses et selon leur appréciation du realpolitik, ont promis, par tous les moyens de renverser le régime de Jovenel Moïse accusé de tous les péchés de la République, et pour y parvenir, tous les coups sont permis sera-ce même de réduire tout Haïti en cendres, de compter des cadavres humains calcinés et de basculer le pays dans une espèce de guerre civile dont l’extinction prendra du temps et qui pourra nous davantage rapprocher de la Somalie.

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Depuis le 15 Janvier dernier, André Michel et ses acolytes essaient, à bâtons rompus de redevenir maîtres de la situation et maîtres de la violence dans les rues, par l’entremise des opérations terroristes comme le pays-lock, le lynchage médiatique ou encore le déchouquage, comme ce fut le cas en 1986 après le départ de Jean-Claude Duvalier où des dizaines de militaires et de tontons macoutes se sont vus finir leur jour dans les flammes du « pélebren ».

Avec qui est-on en guerre s’il vous plaît ? Pour qui se prennent ces apôtres de la violence et de la déraison politique ? Ont-ils appris des erreurs du passé ? Ont-ils déjà vu les erreurs du passé se réparer d’elles-mêmes ? Ont-ils jamais vu les édifices qui ont subi la colère de la population se reconstruire d’eux-mêmes ?

Je ne m’attends à aucune réponse parce que les faits parlent d’eux-mêmes et sont d’ailleurs d’une intelligibilité légendaire, mais je veux seulement vous faire comprendre que déconstruire le peu que nous ayons construit pour satisfaire les egos de l’opposition politique est d’une imbécilité maladive qui n’a d’égale que notre naïveté manifeste.

« Rappelez-vous cependant que les nations meurent quand les différends irréconciliables dépassent toute autre chose capable de nous remettre ensemble ».

Chaque leader de partis est un dictateur qui ne s’écoute que lui-même et que de lui émane la vérité, sa vérité et aussi le pouvoir de dicter quoi faire et la route à prendre. Imaginons qu’ils soient au pouvoir, car certaines personnes ne sont utiles qu’aux turbulences dans les rues, car diriger un pays n’est nullement leur dada.

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Rappelez-vous aussi de 1990 et de l’impréparation odieuse des leaders d’alors qui ont raté ce nouveau départ et gâché tous les acquis démocratiques pour lesquels nous nous sommes battus à bâtons rompus.

Rappelez-vous finalement que manifester est une activité très lucrative et qu’il y en aura toujours comme il y en a toujours eue dans le passé. Le panier ménager de beaucoup d’activistes dépend, en grande partie des rentrées provenant de ce commerce florissant. André Michel change de quartier, René Civil, Rony Timothée et tous les autres qui, depuis des années s’y sont dévoués, ont changé de statut. Ils ne sont plus les mêmes besogneux que l’on connaissait à la fin des années 90 qui parcouraient les rues en guenilles, à la recherche de quelques sous.

Aujourd’hui, grâce à ces activités génératrices de revenus, ils sont parvenus à se faire une place au soleil d’Haïti. Rappelez-vous enfin que manifester est tout un appareillage allant des investisseurs aux hommes de main dont le boulot est de faire fonctionner le business.

KéDar, Janvier 2021

Antenne509/A509
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