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13 Janvier 2020: Rentrée parlementaire entre pleurs, grincements de dents et négation de bilan

13 Janvier 2020:  Rentrée parlementaire entre pleurs, grincements de dents et négation de bilan 1

Un parlement est une assemblée — généralement élue — qui assure la représentation du peuple dans les États ou les divisions administratives (intra-étatiques tel le Parlement de Paris ou supra-étatiques tel le Parlement européen), et à ce titre est le « destin de la démocratie » selon Hans Kelsen. Il a deux fonctions : faire et défaire les lois, ce qui en fait le détenteur du pouvoir législatif, et contrôler l’action du gouvernement du pays.

Parlement, destin de la démocratie?

S’il est vrai que le parlement est le destin de la démocratie pour son rôle de régulation dans la co-gestion de la chose publique, il est aussi bien vrai que le parlement haitien s’y est dérobé en refusant de jouer le rôle qui lui était dévolu, à savoir contrôler l’action gouvernementale, la questionner, procéder à des enquêtes, voter le budget et vérifier son emploi ou encore renverser le gouvernement quand celui-ci échoue à apporter les réponses aux desiderata de la population et est incapable de faire atterrir son programme politique.

En l’espace de 4 ans, les parlementaires haïtiens se sont plutôt faits un point d’honneur dans la politique de la chaise vide, car préférant les couloirs des ministères et des organismes autonomes de l’Etat au confort du parlement, pour renifler ce qui reste du budget de la République qu’ils n’ont pas voté depuis des lustres. Ils ont déserté les débats au parlement pour s’époumoner dans les médias locaux à la recherche de la sympathie du public, ils ont séché les locaux du parlement pour les fêtes patronales à la recherche du plaisir et du fric, parce qu’ils sont des agents de développement plutôt que des hommes de lois, empêchant aux élus locaux de s’occuper de la municipalité comme il se doit, d’où la source des conflits avérés menaçant le bon fonctionnement des municipalités.

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Plutôt qu’une horde d’éboueurs et de parlementaires improductifs

Loin de contrôler l’action gouvernementale et d’oeuvrer au bénéfice de la population, les parlementaires payés avec l’argent des contribuables se sont plutôt montrés incohérents, vides de tout contenu et surtout improductifs, malgré les efforts de Jerry Tardieu, le seul qui nous ait apporté un peu de lumière et d’idées neuves au milieu de cette parodie parlementariste, mais les tonneaux vides, comme on le sait, font pourtant plus de bruit que ne le font les tonneaux remplis et c’est pourquoi, presque personne ne s’en est aperçu. Mais tout le monde pouvait s’apercevoir de la politique de la chaise vide, celle des matières fécales et celle où le parlement s’était transformé en un champ de bataille où, aidé de Don Kato et des autres mousquetaires, Ti Rasta fut président du Sénat, l’espace de quelques minutes, mais assez pour profaner l’enceinte du Sénat de la République.

Les débats au Parlement se font de plus en plus rare, parce que la plupart des parlementaires en sont incapables. Mais, est-il plutôt plus facile de casser chaises, bureaux et matériels de communication, de déchirer le budget de la République, ces choses étant l’apanage de faibles et des nullards, ne demandent aucun effort intellectuel, aucun effort de pensée et voilà pourquoi, nos fameux législateurs préfèrent la trivialité de la rue et les vains bavardages dans les médias.

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Parce qu’ils ne pensent pas et ne sont même pas capables de traduire en paroles leur fond de pensée. Ne parlant même pas le créole, comment arriver à se faire comprendre? Comment débattre des sujets qu’ils ne maitrisent pas? Leur salut réside dans ce qu’ils savent faire le mieux: infirmer les quorums, quitte à casser les matériels de travail et provoquer des rixes au sein même du parlement: cocktail gagnant qui l’emportait toujours sur l’arme de la dialectique. Don Kato en avait fait une arme redoutable.

“Il est évident que nous changeons d’époque. Il faut faire notre bilan. Nous avons un héritage, laissé par la nature et par nos ancêtres. Des paysages ont été des états d’âme et peuvent encore l’être pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous ; une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments ; le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir.

Les choses se transforment sous nos yeux avec une extraordinaire vitesse. Et on ne peut pas toujours prétendre que cette transformation soit un progrès. Nos belles créations se comptent sur les doigts d’une main, nos destructions sont innombrables” et c’est pourquoi 13 Janvier 2020 devra être une journée de sanctions qui prendra en compte l’inutilité de ces parlementaires habitués aux rififis idiots, aux engueulades stériles et à la désacralisation des symboles de l’Etat.

KéDar, Janvier 2020

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